"Simenon" dans les Cahiers de l’Herne

Ecoutez "La Marge" et "La Contre-Marge"


Ecoutez la "Contre-Marge" de Jacques De Decker (19’) (21.7 Mo)

Ecoutez "La Marge" de Jacques De Decker (3’) (4.9 Mo)

"Simenon" dans les Cahiers de l'Herne

"La marge" de Jacques De Decker se décline en trois versions. Le texte publié, le texte lu par l’auteur, et la "contre-marge", un commentaire improvisé par Jacques De Decker au micro d’Edmond Morrel.

UNE SOMME SIMENONIENNE

On n’a pas tout dit sur Simenon, loin de là. Mais avec le copieux numéro de L’Herne qui lui est consacré, il y a un grand pas de fait dans la correction d’une injustice. Parce que si l’on ne dispose pas, à propos du père de Maigret, d’un grand corpus de commentaires (malgré les voies ouverts par des précurseurs comme Pol Vandromme, de grands initiés comme Bernard de Fallois, la monumentale biographie de Pierre Assouline ou le gigantesque rassemblement d’articles que constituent les collections de la revue « Traces » issus de l’Université de Liège ou des « Cahiers Georges Simenon » qu’anime Jean-Baptiste Baronian), si l’on constate un déficit en comparaison de nombres d’auteurs de sa génération, depuis toujours reconnus au sein de la « haute littérature », c’est qu’il s’est très longtemps retrouvé dans le camp des réprouvés rassemblant ce que les Américains appellent les « entertainers », les divertisseurs, et, surtout, les populaires. Peut-on être un grand écrivain et adoré du public ? Tout se passe comme si l’on devait compenser l’un par l’autre : les petits tirages par l’admiration des lettrés, les droits d’auteur exorbitants par leur condescendance, voire leur mépris.

Ce numéro de L’Herne, à cet égard est déjà un événement en soi. D’abord parce que Simenon y rejoint Borgès, Cioran, Gracq ou Thomas Mann : ce n’est pas négligeable comme promotion, dès lors que la publication en question n’a pas seulement le côté vitrine de la collection de La Pléiade, mais est imprégnée de cette exigence à la fois sophistiquée et rebelle qui caractérisait son créateur, Dominique de Roux. Ensuite parce que le sommaire réunit des chercheurs et des admirateurs, des analystes et des créateurs, place Simenon sous différents éclairages, et lui donne à la fois beaucoup de relief et un surcroît d’actualité. Car Simenon, presque vingt-cinq ans après sa mort, sans avoir connu le moindre quart d’heure de purgatoire, est plus vivant que jamais.

A quoi devons-nous cette décontraction dans l’approche, qui ne fait pas pour autant l’économie de la rigueur ? Au maître d’œuvre de l’ensemble, qui a succédé à Danielle Bajomée comme conservateur du Centre de Documentation Georges Simenon de l’Université de Liège. Il s’appelle Laurent Demoulin, est un spécialiste de Francis Ponge et de Jean-Philippe Toussaint et fait partie de cette génération pas bégueule qui s’entend à approcher la littérature avec méthode et même scientificité (il a été à l’école de Jacques Dubois et de Jean-Marie Klinkenberg, ses maîtres de l’école de Liège), sans considérer une seconde le plaisir pour négligeable, voire suspect. Cette heureuse humeur parcourt l’ensemble, et en fait une référence pour experts autant que pour amateurs qu’elle ne pourra qu’éclairer davantage.

Plein d’inédits de Simenon enrichissent ce dossier (il faut dire que Demoulin, disposant du legs de Simenon à Maurice Piron, fondateur du Centre, est à la source de ces pépites), des entretiens aussi, dont celui de Pivot qui se trouve pour la première fois retranscrit et n’en prend que plus de force, et des articles mémorables, enfouis dans des archives inaccessibles, comme ceux de Nadeau, de Nimier, de Nourissier, qui témoignent que Gide ne fut pas le seul à le tenir pour un auteur majeur avant que cette évidence ne s’impose à tout un chacun, réunissant autour du père de Maigret, ce que François Truffaut a si joliment appelé la « cohorte pacifique des simenoniens ».

Jacques De Decker

Les "Marges" s’enchaînent sur quelques mesures de l’allegro moderato alla fuga de la Sonate n°2 de Nicolas Bacri interprété par Eliane Reyes. Ce morceau est extrait du récent CD enregistré chez NAXOS des "Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri" interprétées par Eliane Reyes

Le disque réunit les oeuvres suivantes :
Prélude et fugue, Op. 91
Sonate n° 2
Suite baroque n°1
Arioso baroccp e fuga monodica a due voci
Deux esquisses lyriques, Op. 13
Petit prélude
L’enfance de l’art, Op 69
Petites variations sur un thème dodécaphonique, Op 69

Référence : NAXOS 8.572530

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