"La Cerisaie" dans une nouvelle adaptation de Jacques De Decker

Au Théâtre des Martyrs à Bruxelles jusqu’au 5 mars 2011


Ecoutez Jacques De Decker au micro d’Edmond Morrel. Première partie. (27.4 Mo)

Ecoutez Jacques De Decker au micro d’Edmond Morrel. Seconde partie. (26.9 Mo)

"La Cerisaie" dans une nouvelle adaptation de Jacques De Decker

La Compagnie "Théâtre en Liberté" présente

"La Cerisaie" de Tchékhov

adaptée par Jacques De Decker et mise en scène par Daniel Scahaise

La dernière pièce de Tchékhov se joue à Bruxelles au Théâtre des Martyrs jusqu’au 5 mars 2011.

Nous avons rencontré Jacques De Decker, auteur de cette nouvelle adaptation française du chef-d’oeuvre russe. Il répond à notre curiosité sur le travail d’adaptation, sur l’actualité et la modernité étonnante du texte de Tchékhov, mais aussi de sa dramaturgie, de sa création de personnages vrais, de son exploration du quotidien, sur la mise en scène et le travail exceptionnel de la Compagnie Théâtre en Liberté. Une rencontre passionnante avec l’auteur-orchestre Jacques De Decker à qui, au sortir du spectacle, nous disions : "Tchékhov aurait aimé cette Cerisaie".

Edmond Morrel

Pour en savoir davantage sur Tchékhov, humaniste profond autant qu’homme de lettres universel allez vous promener sur le web. Voici quelques pistes :

Wikipedia
Russie.net

Pour en savoir davantage sur le spectacle, allez aussi ouvrir la fenêtre de "Demandez le Programme"

Mais surtout, lisez l’oeuvre et aller la voir...


Sur le site du Théâtre des Martyrs :

« Chacun d’entre nous à sa cerisaie intérieure »

La pièce commence par un retour, celui de Lioubov après cinq ans passés à Paris - elle trouve d’ailleurs tout le monde vieilli ! En compagnie de son frère et de quelques parents et amis, elle contemple les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété onduler doucement dans la brise, en pensant au passé. Rien ne semble avoir changé depuis l’âge d’or de son enfance. Pourtant rien n’est plus comme avant. Lioubov a dilapidé son héritage au profit d’un amant français, et la propriété ne rapporte plus autant de revenus que du temps de ses parents. Aveuglés par la nostalgie, le frère et la sœur refusent pourtant d’adapter leur chère Cerisaie aux nouvelles contraintes de ce monde moderne en pleine émergence.

Elle s’achève par un départ, celui de la famille au grand complet. Mais avant de déserter les lieux, tous auront dansé, chanté, joué et ri. Désespoir élégant, sautillements puérils : la légèreté, le mouvement et l’humour pour braver le déchirement. "Le dernier acte sera drôle. D’ailleurs toute la pièce est gaie et légère (…) Ma pièce n’est pas un drame, mais une comédie, et par moments même une farce". Ainsi donc, tout au long des quatre actes, on s’émeut, on rit aussi.

La Cerisaie… une célébration du temps, des passés et des avenirs plus ou moins illusoires que chacun emporte avec soi, un dernier hommage à la beauté vouée à disparaître, un salut à la mort qui rôde, adressé avec un certain sourire qui n’est pas seulement d’ironie - après tout, qu’y aurait-il là qu’il faille prendre au tragique ? Un poème aux reflets insaisissables, dont l’approche exige une grande délicatesse : mélancolie sans complaisance, d’une sombre légèreté, autour d’un jardin invisible et promis à la destruction..

Avec en fond sonore les coups de haches violents, lancinants, qui déciment les arbres de la Cerisaie, le vieil homme parcourt la maison vide. Démarche hésitante, pas lourd, silhouette ronde voûtée sur sa canne, voix cassée. On l’a oublié. Il s’allonge avec grand mal sur le seul meuble restant dans le salon, un canapé et lâche : "La vie a filé, on a comme pas vécu… Je vais m’étendre un moment… C’est que tu n’as plus de forces, il n’en reste plus, plus du tout !"

Quatre tranches de temps réel, faussement simples. Une par saison. La symphonie nocturne et blanche, en quatre mouvements, d’un long adieu à la Cerisaie telle que chacun l’a aimée. Pour Lioubov, elle a la grâce gratuite de l’enfance, mais c’est là que son fils s’est noyé. Pour Lopakhine, elle vaut de l’or, mais il faut la détruire à la hache. Beauté stérile ou trésor à défigurer, chacun porte en soi sa Cerisaie. Et pour tous, l’avenir s’ouvre sur les décombres de son charme.

Après le succès des Trois sœurs et d’Oncle Vania, Théâtre en Liberté est heureux de vous présenter cette « comédie » crépusculaire et lumineuse, le dernier chef-d’œuvre de Tchekhov.

Avec Maxime Anselin, Delphine Bertrand, Jean-Henri Compère, Jaoued Deggouj, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Youssef Khattabi, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen, Laurent Tisseyre.

Nouvelle adaptation française : Jacques De Decker
Mise en scène et Scénographie : Daniel Scahaise - Assistant à la mise en scène :Youssef Khattabi - Costumes : Anne Compère et Costhéa - Danses réglées par Antoine Guillaume
Coiffures : Laetitia Doffagne - Régie / Lumières : Philippe Fontaine

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